Plateformes Agréées et portail de dématérialisation compatibles Sage 100 : comment s’y retrouver ?
Entre les obligations de la RFE, la multiplicité des plateformes agréées (PA) et les réalités terrain, beaucoup d’entreprises équipées de Sage 100 ont le même sentiment : “On sait qu’il faut y aller, mais on ne sait pas par où commencer — ni quoi choisir.” La bonne nouvelle, c’est qu’il existe des trajectoires claires, et surtout des solutions compatibles Sage 100 qui permettent d’être conforme sans désorganiser l’existant. Explications par Emmanuelle Mattei, Responsable de marché PME.
24 février 2026
Septembre 2026 : deux situations possibles, deux niveaux de préparation
L’échéance de septembre 2026 ne recouvre pas une réalité unique pour toutes les entreprises. Deux cas de figure peuvent se présenter.
Réception des factures fournisseurs uniquement
Pour de nombreuses entreprises, septembre 2026 signifie avant tout être prêtes à recevoir et traiter des factures fournisseurs au format RFE. Cela suppose de choisir une plateforme agréée et de s’y inscrire, de s’assurer que Sage 100 sera conforme à l’échéance, et d’organiser la cohabitation avec les factures non RFE, qui continueront d’exister.
C’est aussi le bon moment pour revoir les processus de validation et commencer à préparer l’émission des factures clients, attendue pour l’échéance suivante en septembre 2027.
Réception et émission des factures dès septembre 2026
Certaines entreprises devront, dès septembre 2026, recevoir les factures fournisseurs et émettre leurs factures clients dans les formats structurés de la réforme. Dans ce cas, il est indispensable de vérifier que les outils de facturation sont capables de produire des factures conformes, de s’inscrire à au moins une plateforme agréée, et d’adapter les processus de validation, aussi bien pour les flux entrants que sortants.
Dans les deux situations, l’enjeu est le même : sécuriser les flux, fiabiliser les données et anticiper l’organisation pour éviter une mise en conformité dans l’urgence.
1er cas : Réception des factures fournisseurs au 1er septembre 2026
Pour une entreprise concernée par la réception des factures fournisseurs à compter de septembre 2026, la première étape consiste à se poser une question simple mais structurante : comment mon système d’information va-t-il traiter ces nouvelles factures électroniques ?
Deux approches sont possibles, selon le niveau de transformation souhaité et l’organisation existante.

Option 1 : Traiter uniquement les factures RFE dans Sage 100
Dans ce premier scénario, l’entreprise fait le choix de rester dans son périmètre Sage 100 et de s’organiser pour traiter exclusivement les factures fournisseurs au format RFE directement dans l’outil. Concrètement, cela suppose :
- de s’appuyer sur Sage 100 Comptabilité et/ou Sage 100 Gestion Commerciale pour réceptionner les factures fournisseurs,
- de planifier les mises à jour nécessaires, notamment vers la version annoncée comme conforme par Sage (version 12.20 en mai 2026),
- et de souscrire à la plateforme agréée Sage.
À partir de là, les factures fournisseurs RFE pourront être réceptionnées directement dans Sage 100, via un nouveau menu dédié (Sage Connect), aussi bien en comptabilité que dans la gestion commerciale pour les factures de marchandises.
Pour toutes les factures qui ne relèvent pas encore de la RFE, l’entreprise continue à fonctionner comme aujourd’hui, avec ses processus existants. Si ces processus sont efficaces, ils peuvent être conservés ; s’ils sont perfectibles, cette échéance peut aussi être l’occasion de les faire évoluer.
Cette approche permet d’atteindre la conformité réglementaire, à condition d’anticiper les mises à jour et d’accepter une cohabitation de flux (RFE et non RFE).
Option 2 : S’équiper d’un portail de dématérialisation des factures fournisseurs
La seconde option consiste à profiter de l’échéance de septembre 2026 pour aller plus loin que la seule conformité, en s’équipant d’un portail de dématérialisation des factures fournisseurs, connecté à Sage 100.
Dans ce cas, l’intérêt est multiple :
- l’entreprise centralise l’ensemble des factures fournisseurs dans un portail unique, quels que soient leur format et leur origine,
- elle digitalise les processus de validation, avec un suivi dématérialisé du bon à payer,
- elle peut mettre en place des workflows de validation, y compris avec des validateurs non comptables, et éventuellement en mobilité,
- et elle bénéficie d’un archivage à valeur probante pour toutes les factures traitées.
D’un point de vue opérationnel, l’entreprise souscrit à la plateforme agréée du portail, et l’ajoute à son environnement Sage 100, par exemple via Sage Automatisation Comptable ou une solution comme TEDD & Esker ou encore Pennylane, selon ses besoins.
L’un des avantages majeurs de cette approche est qu’elle peut être mise en œuvre dès maintenant, sous réserve de la version de Sage 100 utilisée. Elle permet ainsi d’anticiper la réforme, de roder les équipes et de lisser les changements dans le temps.
Le choix entre Sage Automatisation Comptable, TEDD & Esker et Pennylane dépendra alors de la complexité des processus de validation, des volumes de factures, des spécificités métiers et du niveau d’automatisation attendu.
Cette approche transforme l’échéance réglementaire en levier d’optimisation durable du traitement des factures fournisseurs.
2ᵉ cas – Émission des factures clients à compter de septembre 2026
Si votre entreprise est également concernée par l’émission des factures clients dès septembre 2026, la réflexion doit être élargie par rapport au seul sujet de la réception. À ce stade, une question structurante se pose : mon outil de facturation est-il compatible avec la Réforme de la Facturation Électronique ?
Deux situations principales peuvent se présenter.

Option 1 : votre outil de facturation est compatible RFE
C’est notamment le cas si vous êtes équipé de Sage 100 Gestion Commerciale, pour lequel Sage proposera une version conforme à la réforme.
Dans ce contexte, plusieurs points de vigilance sont indispensables :
- anticiper les mises à jour, en particulier vers la version 12.20 en mai 2026, puis les versions suivantes,
- utiliser la plateforme agréée Sage pour l’émission des factures clients,
- et surtout vérifier que vos pratiques métiers correspondent aux cas d’usage définis par la norme.
La réforme décrit aujourd’hui 42 cas d’usage, qui couvrent des situations très différentes : assujetti unique, gestion de tiers payeurs, modalités de facturation spécifiques, etc. Il est donc essentiel de s’assurer que :
- vos pratiques entrent bien dans l’un de ces cas,
- et que votre solution de facturation est capable de les gérer correctement.
Certaines situations complexes peuvent en effet être partiellement couvertes ou nécessiter des adaptations. Ce travail d’analyse est indispensable pour éviter des blocages ou des ressaisies ultérieures.
Cette option est pertinente lorsque votre outil de facturation est conforme, à jour, et aligné avec vos pratiques réelles.
Option 2 : votre logiciel de facturation n’est pas compatible RFE
Si vous utilisez un outil métier de facturation non compatible, plusieurs alternatives existent. Il n’y a pas une seule réponse, mais plusieurs trajectoires possibles selon votre contexte.
Première possibilité : interroger votre éditeur pour vérifier si une mise à jour est prévue, permettant de rendre l’outil conforme et d’y associer une plateforme agréée.
Deuxième possibilité : faire évoluer votre organisation de facturation, par exemple en vous appuyant sur Sage 100 Gestion Commerciale l’émission des factures RFE, tout en conservant votre outil métier pour d’autres usages si nécessaire.
Troisième possibilité : interfacer votre outil métier avec un outil de facturation conforme comme Pennylane ou Sage 100 Gestion commerciale, capable d’envoyer les données attendues dans le cadre de la RFE via une plateforme agréée.
Enfin, certaines plateformes agréées proposent des services additionnels permettant de transformer un fichier non conforme en fichier conforme avant transmission.
Cette approche peut répondre à certains cas, mais elle doit être analysée avec prudence. En effet, si la transformation de la structure du fichier est relativement simple, les données absentes dans votre outil actuel devront, elles, être saisies manuellement. Selon la volumétrie de factures, cette contrainte peut rapidement devenir lourde et peu soutenable dans le temps.
Dans certains cas, changer d’outil ou faire évoluer l’architecture est plus pertinent que de multiplier les ressaisies.
À retenir : Il n’existe pas une réponse unique pour l’émission des factures clients et la réception des factures fournisseurs dans la cadre de votre mise en conformité à la RFE. Le bon choix dépend de votre outil de facturation, de vos cas d’usage, de vos volumes et de votre organisation. Anticiper ces sujets dès maintenant permet d’éviter une mise en conformité subie… et de construire une trajectoire réaliste et sécurisée.
Points de vigilance transverses à ne pas sous-estimer
Quelle que soit la solution retenue, certains sujets doivent être traités dans tous les cas :
- les paramétrages TVA, dans un contexte de transactions “machine à machine” et de e-reporting plus fréquent,
- la qualité des données tiers (SIREN, adresses, numéros de TVA),
- les besoins de mise à niveau de votre environnement (versions, serveurs, hébergement),
- la cartographie globale de votre système d’information, notamment si plusieurs outils de facturation ou de vente coexistent (caisses, e-commerce, outils métiers).
Émission des factures et portail de dématérialisation : un levier complémentaire
Au-delà de la conformité pure, l’émission des factures clients pose aussi la question de la traçabilité et de la sécurisation des échanges. Mettre en place un portail de dématérialisation des factures sortantes permet notamment :
- de disposer d’un espace centralisé et sécurisé pour stocker les factures,
- de compléter le dispositif de piste d’audit fiable, exigé depuis 2023,
- de tracer l’ensemble des actions liées à l’émission et au cycle de vie des factures,
- et de réduire les délais de transmission et de traitement.
Il est important de rappeler que la plateforme agréée ne fournit pas, à elle seule, la piste d’audit fiable. Le portail ou les services complémentaires prennent ici tout leur sens, selon votre organisation et vos obligations.
“90% du chemin vers la conformité RFE réalisé”, si vous vous équipez dès maintenant
Ce qu’il faut retenir, c’est simple : si vous vous équipez d’un portail de dématérialisation dès à présent, vous avez grosso modo fait 90% du chemin.
Cela vaut peut-être le coup de “s’y mettre” maintenant pour être plus tranquille lorsque les échéances vont approcher.
Pourquoi ? Parce qu’un portail vous permet dès aujourd’hui de :
- centraliser toutes les factures fournisseurs (y compris avant les formats RFE),
- sécuriser et fluidifier vos validations (bon à payer, workflow, mobilité),
- améliorer la qualité de vos données,
- mettre en place les automatismes progressivement,
- et arriver en septembre 2026 avec des équipes déjà rodées, au lieu de tout changer dans l’urgence.