Cryptolocker et cryptolockage : comment se protéger des ransomware ?
Les attaques par ransomware, comme le cryptolocker, se multiplient et sont devenues une menace majeure pour les données des entreprises. Découvrez comment comprendre, anticiper et vous protéger, de manière pérenne, contre le cryptolockage, en adoptant les bonnes pratiques et les solutions de sécurité adaptées.
13 août 2025
Comprendre le fonctionnement des ransomware
Les ransomwares, ou rançongiciels, sont devenus l’un des fléaux majeurs de la cybersécurité. Leur fonctionnement repose sur une logique simple mais redoutablement efficace : prendre en otage les données numériques pour extorquer une rançon à leur propriétaire.
Le cryptolocker est un exemple emblématique de ce type d’attaque. Apparu pour la première fois en 2013, il a initié une nouvelle génération de ransomwares. Son mécanisme consiste à infiltrer un système via une pièce jointe infectée ou un lien malveillant, puis à chiffrer les fichiers de l’utilisateur à l’aide d’un algorithme de cryptographie. Une fois le cryptage des données terminé, un message exigeant une rançon, souvent payable en Bitcoin, s’affiche à l’écran, promettant en retour une clé de déchiffrement.
Cependant, cette promesse est loin d’être fiable : dans de nombreux cas, les victimes ne reçoivent jamais la clé ou obtiennent une clé défectueuse. Payer ne garantit ni la récupération des données ni la fin de l’attaque. Pire encore, cela peut exposer l’entreprise à de nouvelles demandes ou à d'autres attaques, une fois identifiée comme "payante".
Ce processus est appelé cryptolockage. Il exploite la robustesse du chiffrement asymétrique, où seule une clé privée (détenue par les cybercriminels) peut restaurer les données. Le système est conçu de manière à ce que même les spécialistes en sécurité ne puissent déchiffrer les fichiers sans cette clé.
Les ransomwares évoluent constamment et utilisent désormais des techniques plus avancées :
- Double extorsion : les données sont non seulement chiffrées, mais également copiées puis menacées d’être publiées en ligne.
- Attaques ciblées (Big Game Hunting) : visant des entreprises de taille moyenne à grande, avec des rançons très élevées.
- Propagation latérale : le malware se propage à l’intérieur du réseau d’entreprise pour toucher un maximum de machines.
- Ingénierie sociale : les cybercriminels utilisent des techniques de manipulation psychologique pour inciter les utilisateurs à divulguer des informations sensibles ou à exécuter des actions compromettantes, (notamment grâce à l’IA vocale, vidéo, ou d’autres nouvelles technologies faciles d’accès, qui rendent plus puissants les outils).
Les conséquences d’une attaque de type cryptolocker
Les impacts sont bien plus que techniques : ils peuvent remettre en cause la survie même d’une entreprise.
Paralysie des opérations
Imaginez une entreprise de logistique qui, du jour au lendemain, ne peut plus accéder à ses logiciels de gestion des stocks ni à ses bons de commande.
Sans ERP, sans données clients, sans facturation, l’entreprise est à l’arrêt complet.
Chaque jour d’inactivité représente une perte de revenus et de crédibilité.
Coûts financiers massifs
Le coût moyen d’une attaque par ransomware a explosé ces dernières années. Selon IBM, il s’élevait à 4,45 millions de dollars en 2023 à l’échelle mondiale. Ce montant inclut :
- La réponse à l’incident (diagnostic, nettoyage, restauration)
- La perte d’exploitation
- Les frais juridiques
- La rançon potentiellement versée
- Les investissements nécessaires pour renforcer la sécurité après l’attaque
En France, les PME sont particulièrement vulnérables aux ransomwares. Selon l’ANSSI, ces structures représentaient 58 % des victimes de rançongiciels traitées en 2023.
Conséquences réglementaires
Certaines entreprises oublient que le chiffrement des données personnelles par un ransomware constitue une violation de données.
Si vous traitez des données à caractère sensible clients, RH ou financières, vous devez notifier la CNIL et potentiellement informer les personnes concernées. Le non-respect de ces obligations peut entraîner des amendes lourdes.
Atteinte à la réputation
Les cyberattaques sont rarement discrètes. Entre les communiqués de presse, les clients inquiets et les réseaux sociaux, les conséquences médiatiques peuvent être sévères.
Une entreprise jugée vulnérable à une cyberattaque perd en crédibilité et peut voir ses partenariats stratégiques remis en question.
Les bonnes pratiques pour prévenir les attaques
La meilleure protection reste la prévention. Voici un panel élargi de bonnes pratiques à mettre en œuvre.
1. Cartographie du Système d’information & des Flux
Analysez votre infrastructure interne, les applications et processus métiers, et les échanges avec l’extérieur (fournisseurs, clients, etc.)
- Définissez la criticité de chaque application et processus
- Mappez de manière lisible et compréhensible de tous les systèmes existants
2. Plan d’action
Préparez-vous à agir en cas d’incident, et prévoyez les différents scenarii possibles en fonction de votre surface d’attaque, et de votre contexte
- Chaque entreprise est soumise à des risques et menaces différents selon son activité.
- La bataille de la cybersécurité ne peut pas se gagner en improvisant, il faut vous préparer à savoir comment reprendre l’activité avant de subir une attaque.
3. Politique de sécurité informatique (PSSI) claire
Définissez une politique interne de cybersécurité, incluant :
- L’usage des mots de passe forts (avec authentification multifacteur)
- L’interdiction d’utiliser des supports externes non autorisés (limiter le Shadow IT)
- La gestion des accès par niveau de responsabilité
4. Gestion des correctifs et mises à jour
Un système non mis à jour est un risque majeur et probablement une faille ouverte. Il est essentiel de mettre en place :
- Un inventaire automatisé des logiciels
- Des outils de patch management
- Un suivi des alertes de sécurité des éditeurs (Microsoft, Adobe, etc.)
5. Sécurisation des messageries
Le mail reste le principal vecteur d’attaque. Un bon filtrage permet de bloquer :
- Les pièces jointes exotiques (.exe, .js, .vbs)
- Les liens vers des domaines récents ou suspects
- Les envois depuis des IP listées en spam
6. Limitation des privilèges
Un employé n’a besoin d’accéder qu’à ce qui lui est nécessaire pour son travail. Réduire les privilèges limite la surface d’attaque. Un malware lancé sur un compte limité ne pourra pas affecter tout le réseau.
7. Simulations d’attaque
Organisez régulièrement des tests de phishing simulés pour évaluer la vigilance de vos collaborateurs. Cela permet aussi d’identifier les comportements à risque et de former de manière ciblée.
L’erreur humaine reste le point d’entrée n°1 des cyberattaques subies par les entreprises.
Les solutions techniques pour renforcer sa sécurité
Les solutions de sauvegarde avancées
Utilisez des outils capables de :
- Réaliser des snapshots réguliers des serveurs
- Chiffrer et isoler les sauvegardes
- Bloquer la suppression manuelle des sauvegardes
Certains ransomwares suppriment ou corrompent les sauvegardes avant de chiffrer les données principales. D’où l’intérêt d’une stratégie de sauvegarde déconnectée (air gap).
Stratégie de sauvegarde 3-2-1-0
Cette stratégie est une approche éprouvée pour garantir la résilience des données en cas d'attaque par ransomware. Elle repose sur quatre principes :
- 3 copies des données : Conservez au moins trois copies de vos données, y compris l'original.
- 2 types de supports différents : Stockez les copies sur au moins deux types de supports différents (par exemple, disque dur et cloud).
- 1 copie hors site : Gardez au moins une copie de sauvegarde hors site pour la protéger contre les sinistres locaux.
- 0 erreurs : Vérifiez régulièrement l'intégrité des sauvegardes pour vous assurer qu'elles sont exemptes d'erreurs et restaurables.
Surveillance comportementale (EDR/XDR)
Les solutions EDR (Endpoint Detection & Response) et XDR (Extended Detection & Response) analysent le comportement des terminaux. Elles détectent :
- Les hausses soudaines d’activité CPU
- Les accès massifs à des fichiers
- Les tentatives de communication avec des serveurs C2
Elles peuvent automatiquement isoler une machine infectée, avant qu’elle ne contamine le reste du réseau.
Systèmes de réponse automatisée
Des plateformes comme SOAR (Security Orchestration, Automation and Response) permettent de gérer des scénarios d’alerte :
- Blocage automatique d’une IP
- Envoi d’un ticket d’incident
- Lancement d’un plan de confinement
Que faire en cas d’attaque ?
Réagir vite et efficacement
Votre réactivité est cruciale :
- Déconnectez immédiatement les systèmes touchés
- Activez votre Plan de Reprise d’Activité
- Impliquez votre cellule de crise (IT, juridique, direction)
- Contactez votre assureur cyber si vous êtes couvert
- Déclarez l’attaque auprès de la CNIL
Préserver les preuves
Un audit post-attaque nécessite des preuves. Ne formatez pas immédiatement les machines.
Récupérez :
- Les fichiers de logs
- Les messages de rançon
- Les e-mails suspects reçus
Ces éléments sont essentiels non seulement pour identifier les failles de sécurité, mais aussi pour déposer plainte auprès des autorités (police cyber, ANSSI) et justifier d’un sinistre auprès de votre assureur cyber.
Se faire accompagner par un expert en cybersécurité
La complexité croissante des menaces rend indispensable l’appui de partenaires spécialisés.
En vous faisant accompagner par un intégrateur comme Absys Cyborg, vous bénéficiez de :
- Conseils stratégiques pour sécuriser vos infrastructures
- Solutions de gestion intégrées et sécurisées (ERP, CRM, BI)
- Support technique réactif en cas d’incident
- Formations utilisateurs pour sensibiliser vos équipes
- Audit régulier de vos systèmes et recommandations personnalisées
Un bon partenaire ne se limite pas à l’installation de logiciels : il vous aide à bâtir une culture de la cybersécurité pérenne dans votre entreprise.